Dossier spécial: Santé de proximité en Tarn et Garonne. Face à l’échec de la médecine libérale, il existe des solutions

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Castelsarrasin. Face à la désertification médicale, les communistes proposent

Le manque de médecins généralistes est un phénomène national qui touche nombre de territoires ruraux. Face aux craintes exprimées, et de plus en plus nombreuses, de la part des castelsarrasinois, la section locale du parti communiste a décidé de lancer le débat “pour la construction d’un centre de santé public” dans la ville sous-préfecture.

Les futurs départs en retraite de médecins non-remplacés “n’arrangeront pas la situation actuelle, déjà compliquée”, estime le secrétaire de section Maximilien Reynès-Dupleix. “Le centre de santé public est un modèle de médecine salariale qui vise à constituer une offre de soins et une continuité dans la prise en charge publique de la santé”.

Pour cette première réunion publique organisée à Castelsarrasin la 14 mars prochain à la salle de l’ancienne bibliothèque, le parti communiste n’a pas hésité à s’appuyer sur son réseau d’élus. Ainsi, la Vice-Présidente communiste du conseil régional d’Occitanie en charge des solidarités, Marie Piqué, sera présente, notamment pour expliquer les possibilités de financements et présenter le dispositif régional de soutien à la construction de centres de santé.

Lavit. La communauté de communes

Déserts médicaux, démographie médicale en chute, désaffection des soignants pour les soins primaires, inégalités territoriales de santé, aggravation des inégalités sociales de santé, virage ambulatoire: le modèle de la médecine libérale n’est plus adapté aux enjeux de santé publique et à la mise en place d’une politique de prévention efficace. A ceci s’ajoute l’aspiration des jeunes soignants à bénéficier des progrès sociaux pour accéder à une qualité de vie qui leur permette un épanouissement personnel.

Ce constat, qui a même été entériné dans un rapport de décembre dernier par le Conseil Économique Social et Environnemental, organe consultatif de l’assemblée nationale, n’empêche pas les adhérents au système libéral de poursuivre leur effort en faveur des maisons de santé libérales. Ainsi en Tarn et Garonne, après Valence d’Agen et Saint Nicolas de la Grave, c’est à Lavit que s’apprête à sortir de terre une autre de ces structures libérales aux nombreux défauts. Un projet immobilier évalué à 1.2 millions d’euros, dont 500 000 euros aux frais de la Communauté de Communes de la Lomagne Tarn et Garonne. Un investissement non négligeable demandé aux contribuables de la Lomagne alors même que personne ne peut garantir pour l’heure que la structure sera en mesure de répondre aux problématiques que posent la crise actuelle de l’ambulatoire libéral.

Le dispositif régional

Forte des propositions de ses élus communistes, la majorité régionale de la socialiste Carole Delga soutien la construction de centres de santé publics par un dispositif régional innovant. Communautés de Communes, Communes, Communautés d’Agglomération, établissements et organismes de santé à but non lucratif peuvent ainsi bénéficier de subventions pour des travaux de construction neuve, d’acquisition et de réhabilitation de bâtiments destinés à accueillir les professionnels médicaux et paramédicaux. Mobiliers et matériels médicaux des centres de santé sont aussi éligibles.Avec un taux cumulé d’aides publiques plafonné à 80%, la région peut accorder jusqu’à 30% d’une assiette éligible plafonnée à 650 000€, soit une aide maximum de 195 000 € par projet.

Différence de labels

Une « maison de santé » est un projet porté par des praticiens libéraux, dans lequel la collectivité peut jouer un rôle d’accompagnateur. Le « centre de santé » public est un modèle de médecine salariale qui vise à constituer une offre de soins et une continuité dans la prise en charge publique de la santé. Les deux labels sont attribués par l’Agence Régionale de Santé (ARS).