Tourisme social. De plus en plus de familles ne partent pas en vacances !

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Rencontre avec les Tarn et Garonnais Bernard Frauciel et Rodolphe Portolès, en marge du débat sur l’avenir du tourisme social et solidaire, qui s’est tenu au stand Occitanie de la fête de l’Humanité. Respectivement, délégué régional du Secours Populaire, et directeur d’un centre de vacances, ils ont témoigné des difficultés à maintenir l’accès aux vacances pour tous.

Présents à la fête de l’Humanité, vous avez tenu à participer à ce débat sur l’avenir du tourisme social…

B.F : Oui au Secours Populaire on se bat ardemment pour le droit aux vacances. Nous menons un certain nombre d’actions en matière de tourisme social et solidaire au niveau régional. Ces actions sont possibles grâce à la mobilisation de 13 fédérations en Occitanie.

Et actuellement nous rencontrons de nouvelles difficultés. Cela a été rapidement évoqué durant le débat, mais je tenais à y revenir. C’est la difficulté qu’ont les gens à laisser partir les enfants en vacances de nos jours. C’est un phénomène nouveau pour nous au Secours Populaire. Il existe un climat d’insécurité très fort, et les parents ne laissent pas partir leurs enfants aussi facilement qu’auparavant. Cela montre à quel point le contexte général se dégrade.

R.P : En tant que directeur d’un centre de vacances je tenais à rappeler que le tissu associatif et le bénévolat sont des appuis indispensables pour développer le tourisme social et solidaire. A la colonie de vacances Danielle Casanova de Labenne Océan, nous sommes 35 bénévoles, et cela nous permet d’organiser des séjours, des classes découvertes, des colonies de vacances d’été et des séjours d’accueil de familles.

Nous travaillons régulièrement avec le Secours Populaires, un partenaire privilégié, mais aussi avec les services sociaux du conseil départemental. Effectivement aujourd’hui nous constatons que le monde associatif est dans une situation où il ne tiendra pas longtemps. Nous sommes parmi les derniers à défendre un tourisme solidaire, basé sur le bénévolat et sans aucun but lucratif. La crise du bénévolat est bien réelle, et sans l’appui des collectivités, demain nous disparaitrons comme tant d’autres avant nous.

C’est un droit, pourtant  l’accès aux vacances semble souvent remis en question. Vous avez tout deux relevé dans vos interventions l’importance d’une volonté politique…

B.F : On dit depuis longtemps au Secours Populaire qu’un enfant sur trois ne part pas en vacances. C’est notre slogan. Mais un adulte sur deux ne part pas non plus en vacances, et cela on l’entend moins. Pourtant l’impact est tel qu’aujourd’hui la journée des oubliés de vacances est orientée, bien sûr vers les enfants, mais aussi vers des « accueils familles ». Et cela touche toutes les régions, partout où nous travaillons nous le constatons, de plus en plus de familles ne partent pas en vacances.

Comme cela a été dit au cours du débat, le tourisme social c’est d’abord un choix politique qui permet des partenariats. En Occitanie, pour la journée des oubliés de vacances nous travaillons avec le conseil régional. Cette collaboration entre institutions et le monde associatif est primordiale. Heureusement qu’il y a des collectivités locales prêtes à s’investir dans ce travail. Je pense aussi à Gruissan avec qui nous travaillons depuis plusieurs années et qui nous a réservé un magnifique accueil cette année encore. Le secours populaire a besoin de partenaires, et les besoins sur le terrain nécessitent que nous soyons toujours plus nombreux à s’investir pour le droit aux vacances.

R.P : En tant qu’élu de l’opposition à la mairie de Montauban, je partage les propos Mme Piqué qui pointait l’importance de « la gauche au pouvoir pour le tourisme social ». Moi-même élu dans une ville où la droite est en responsabilité, tous les centres de vacances ont été vendus et la seule proposition que peut faire la municipalité, c’est de développer les centres de loisirs dans les écoles ! Certes, c’est mieux que rien, mais quel dépaysement pour les enfants ! Quels souvenirs de vacances peuvent-ils garder quand ils passent toute l’année scolaire à l’école, et leurs vacances aussi ?

C’est évidemment un choix politique. Récemment, le conseil départemental a vendu un des derniers gros centres de vacances qui lui appartenait à Mimizan. Aujourd’hui il propose certes d’autres séjours de vacances, mais incomparables avec ce que pouvait offrir le centre à l’océan. Malheureusement, pour des choix financiers, on sacrifie le droit aux vacances.

La vidéo du débat en entier est accessible sur Facebook en cliquant sur l’image ci-dessous:

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