Réformes du code du travail, les patrons trinquent…les salariés aussi…

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Photo/Crédit: France Inter

Les litiges aux prud’hommes ont donc reculé de 15% en 2017. La presse en parle depuis plusieurs jours, mais les syndicats alertent depuis longtemps ! Les ordonnances Macron qui devaient répondre “au point noir sans cesse évoqué par les investisseurs étrangers au sujet de la France”, n’auront servi qu’à affaiblir et précarisé un peu plus les travailleurs. Le recours aux prud’hommes était pourtant un des dernier remparts pour protéger des salariés de plus en plus démunis face à un patronat toujours plus musclé.

Les “réformes” et les promesses de “nouveau monde” du candidat Macron auront servi à justifier la destruction de “cette bête noire de tous les employeurs”. L’introduction d’un barème obligatoire aux prud’hommes, qui fixe le montant des dommages et intérêts perçus par le salarié en cas de licenciement abusif de la part de son employeur, était une des priorités du Medef et des ordonnances réformant le Code du travail promulguées le 22 septembre 2017. Les résultats sont là !

Un recours plus courant aux ruptures conventionnelles (+7,8% avec 420.900 homologations en 2017) et des procédures plus complexes aux prud’hommes. Aujourd’hui, un salarié souhaitant contester un licenciement abusif doit pouvoir fournir un dossier complet et motiver davantage sa requête, ce qui a, on le sait bien, un effet très dissuasif. D’autant que les indemnités auxquelles il peut prétendre sont par ailleurs plafonnées (3 mois de salaire pour 2 ans d’ancienneté et 20 mois maximum avec 30 ans d’ancienneté).

Mais les attaques ne viennent jamais seule ! En parallèle à ces “réformes” qui n’en ont que le nom, les fermetures successives de tribunaux et de conseil prud’hommes dans nos territoires depuis de nombreuses années ont de quoi réjouir le Medef. En diminuant les moyens du droit du travail, ce sont bien les salariés qui sont les premiers perdants !

Alors que certaines multinationales ne se cachent même plus pour bafouer les droits des travailleurs, il est malheureux de constater que la justice aussi participe à cette précarisation du monde du travail. Les enquêtes et condamnations d’acteurs de la vie sociale qui défendent le droit au travail, se multiplient, et avec l’affaire du péage Vinci dans le Lot, c’est une véritable chasse à l’homme à laquelle nous assistons.

Mais comme l’a rappelé encore récemment le secrétaire national du PCF, la bataille est loin d’être terminée. Plusieurs secteurs annoncent déjà des mobilisations que nous devrons être le plus nombreux possible à soutenir. Celles-ci sont nécessaires si nous voulons enrayer le rouleau compresseur.