Pauvreté en Tarn et Garonne, les inégalités se creusent

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Le plan pauvreté annoncé la semaine dernière par le Chef de l’Etat a brillé par sa légèreté. Au total, 8 milliards d’euros sur le quinquennat seront dépensés pour ce plan axé autour de 5 “grands engagements”. Quelques jours avant, le Secours Populaire Français a publié son baromètre 2018 de la pauvreté, mettant en exergue l’avancée des inégalités. Un constat d’autant plus apparent en Tarn et Garonne. En 2012, un rapport de l’INSEE pointait déjà la faiblesse des revenus disponibles pour une majorité d’habitants dans notre département. Malheureusement, la situation ne s’est pas améliorée depuis, bien au contraire.

Des inégalités de longue date

En 2012, une publication chiffrée de l’INSEE sur le Tarn et Garonne soulignait déjà le faible niveau des revenus disponibles pour les ménages. Le rapport notait que “la moitié des Tarn-et-Garonnais appartiennent à un ménage disposant d’un revenu annuel de moins de 18 400 euros”, affichant un différentiel de presque 500 euros par rapport au niveau de vie médian régional. Les d’inégalités étaient déjà apparentes, avec 10 % des personnes les plus aisées disposant d’un revenu d’au moins 32 000 euros par an. À l’autre extrémité de l’échelle, un habitant sur dix disposait de moins de 10 100 euros par an.

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La situation s’arrange pour quelques-uns, et s’empirent pour nombre d’autres

IPSOS et le Secours Populaire Français ont publié leur baromètre de la pauvreté 2018. D’après ce rapport, “la situation d’une partie des français s’améliore”. Ils sont désormais un peu plus nombreux à parvenir à mettre de l’argent de côté (52% : +9 point sur 2017), et moins nombreux à vivre à découvert (14% : -5 points) ou à ne pas boucler les fins de mois (32% : -4 points). Cependant, un socle de 7% de personnes déclare craindre de basculer dans la précarité. Ils sont 27% dans les foyers à faibles revenus. L’indice des français “qui ont déjà connu une situation de pauvreté” progresse lui de 2 points, passant de 37% à 39% en 2018. Pour la catégorie aux revenus les plus faibles, ils sont désormais 65% à avoir vécu une situation de pauvreté. La crainte va encore plus loin lorsqu’il s’agit des enfants, puisque 81% des sondés considèrent le risque de pauvreté plus élevé pour leur génération.

Le baromètre démontre que si la pauvreté recule «en moyenne », le fossé des inégalités continu de se creuser. Malheureusement, ce n’est pas l’amélioration du niveau de vie des plus pauvres qui en est la cause, mais bien l’accroissement des revenus des plus riches.

Le baromètre IPSOS/Secours Populaire est disponible ici: barometre_pauvrete_secours_populaire_2018

Un plan pauvreté en trompe l’œil

Le chef de l’État a donc dévoilé son “plan pauvreté” en grandes pompes au musée de l’Homme. Celui-ci n’a pas constaté cet accroissement des inégalités, et ne questionne à aucun moment le partage actuel des richesses dans notre pays, pas plus que l’égalité d’accès aux services publics. Le président était attendu sur ce plan, notamment par les acteurs associatifs. Mais c’est véritablement un plan de “mesurettes” qu’il s’est contenté d’annoncer.

Il appelle par exemple à la création d’un « véritable service public de l’insertion », pourtant depuis un an il n’a de cesse d’attaquer justement… les services publics, de l’éducation, de la formation, de la santé, ou encore des transports. Mais la mesure phare du plan consiste à créer d’ici à 2020 un « revenu universel d’activité » qui fusionnera un « maximum d’aides sociales afin de garantir un seuil minimal de dignité ». Avec les conditions qu’il a énuméré, comme l’impossibilité de refuser plus de 2 offres d’emploi, c’est surtout un chantage honteux au travail précaire qui se prépare…

Le plan pauvreté du gouvernement est accessible ici: PlanPauvreté-2018

La situation dans nos territoires

En 2017, alors que je travaillais encore dans la presse, j’avais interroger les dirigeants du Secours Populaire et de la Croix Rouge de Castelsarrasin sur cette question de la pauvreté. Je doute que la situation ait beaucoup changé depuis, et le constat était tout de même alarmant. Je pense particulièrement à la pauvreté alimentaire sur laquelle le baromètre a fait un focus cette année, et qui sévit très durement dans nos territoires ruraux. Retraités, femmes seules et familles monoparentales sont toujours plus nombreux à demander un soutien aux acteurs associatifs locaux. Même son de cloche du côté du Secours Populaire ou de la Croix Rouge, qui chaque vendredi permet à une centaine de famille de Castelsarrasin et de ses alentours, de se nourrir. « En 2016, c’est un total de 110 inscriptions au libre-service qui ont été enregistrées, dont 28 femmes seules et 20 familles monoparentales » m’avait alors expliqué la secrétaire générale du Secours Populaire. « Nous avons même des auto-entrepreneurs qui, faute de clients, se retrouvent en situation de grandes difficultés”, avait-elle insisté.

Les besoins d’actions concrètes pour lutter contre la pauvreté, et les inégalités, sont criants dans notre département, et nul doute que tous les acteurs de la solidarité attendaient beaucoup plus de ce plan pauvreté. Comme toujours, et nous y sommes habitués désormais, le président des riches Emmanuel Macron se contente d’un plan superficiel, sans moyens derrière, et qui malheureusement laissera encore un grand nombre de personnes sur le bord de la route.

Malgré son plan, la politique de Macron, c’est toujours un pas en avant, trois siècles en arrière…

Lire le communiqué du Parti Communiste Français suite à l’annonce de ce plan:  » Le Président des riches découvre le monde des pauvres ».