Castelsarrasin. Un nombre croissant de ménages sous le seuil de pauvreté

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Le premier conseil municipal de 2019 s’est tenu ce mercredi soir. A l’ordre du jour, les élus ont étudié de nombreuses délibérations techniques et administratives dont l’approbation du Contrat Cadre « Bourg-centre Occitanie/Pyrénées-Méditerranée » qui a déjà été voté en conseil communautaire le 12 février dernier et qui doit aussi passer par la commission permanente du conseil régional d’Occitanie ce jeudi 21 février.

Contrat cadre Bourg Centre : c’est quoi ?

Le but de ce contrat est d’organiser la mise en œuvre du partenariat entre la Région, le Département, la commune, la communauté de communes et le PETR (Pôle d’équilibre territorial et rural) Garonne-Quercy-Gascogne. La finalité étant d’agir sur les fonctions de centralité et l’attractivité de la commune de Castelsarrasin vis-à-vis de son bassin de vie dans les domaines de la structuration d’une offre de service diversifiée et de qualité, du développement de l’économie et de l’emploi, de la qualification du cadre de vie, des espaces publics et de l’habitat, et de la valorisation du patrimoine naturel et culturel.

Voté au sein des conseils des diverses collectivités impliquées, la signature de ce contrat fait suite à une étude extensive de la commune, de ses atouts comme de ses faiblesses. Celle-ci a abouti sur la définition d’une stratégie basée sur 4 axes de travail.

  • Axe 1 : Conforter le pôle économique du territoire
  • Axe 2 : Restructurer une offre de services et d’équipements adaptée aux besoins et aux usages d’aujourd’hui et de demain
  • Axe 3 : Se réapproprier le centre-ville et renforcer son attractivité
  • Axe 4 : Faire entrer les touristes dans le centre-ville

Ces axes seront concrétisés par un nombre d’actions correspondantes aux objectifs fixés.

Des problématiques sociales de fond

Si de manière générale, ces axes de travail vont permettre une revitalisation certaine de notre commune, et surtout un développement considérable de son potentiel,  l’étude préalable a tout de même révélé plusieurs points qui méritent une attention particulière.

En matière de transports, il a bien été relevé que la commune dispose d’un réseau de bus, mais que celui-ci est à conforter. « Le réseau de bus Tulipe comprend deux lignes qui se superposent en partie et dont l’offre est peu visible : seulement 5 abribus, et aucune indication sur les trajets et les horaires ».

Concernant la santé et l’accès aux soins, l’étude nous permet d’apprendre (sans surprise…) que l’Agence Régionale de Santé qualifie le quartier populaire de Cassenel, « de zone prioritaire pour l’installation et le maintien des professionnels de santé libéraux, des maisons de santé et des centres de santé ». Une remarque qui fait écho aux nombreuses interpellations  de citoyens sur ce sujet durant les réunions publiques de la municipalité qui se sont tenues en ce début d’année.

Un autre enjeu majeur qui a été épinglé lors de cette étude, c’est la question du logement en lien avec une précarité grimpante des ménages. Plus particulièrement, l’inadéquation entre l’offre de logements, principalement tournée vers de grands logements individuels, et la diversité des ménages vivants sur les pôles de la Communauté de Communes Terres des Confluences. « Castelsarrasin est un territoires d’installation de ménages susceptibles d’être en situation de précarité, attirés par la proximité des emplois, des services et des prix accessibles ». Ce constat est basé sur les données suivantes produites par l’INSEE en 2015 :

  • 16% des familles sont monoparentales
  • 28% des habitants ont + de 60 ans
  • Installation de ménages avec enfants en provenance de l’agglomération montalbanaise
  • Près d’1/4 des ménages sont sous le seuil de pauvreté en 2015
  • La part des ménages sous le seuil de pauvreté a augmenté de 18% entre 2007 et 2015
  • La moitié des résidences principales de qualité médiocre est occupée, en 2015, par des ménages sous le seuil de pauvreté.

L’offre de logements actuelle est plutôt orientée vers les grands logements et largement sous-occupée. Une diversification serait donc nécessaire pour répondre à la diversité des parcours résidentiels.

De plus, la structure du parc étant familiale, les jeunes et les familles monoparentales se tournent vers une offre ne correspondant pas forcément à leurs besoins ni leur budget. Il en découle que le parc social est très peu mobilisé par les jeunes pour se loger. Le rapport stipule aussi que selon le Plan Départemental de l’Habitat, la part de construction du parc très social est restée faible entre 2000 et 2012, alors qu’elle correspond le plus à la demande.

Bien sûr, cette problématique accroît d’autant plus le risque de paupérisation pour les ménages les plus fragiles. S’ajoute à cela une désertification du centre-ville qui entraîne des conséquences en cascade.

La première est l’augmentation de la vacance en centre-ville, forte de 12% et qui ne cesse de s’amplifier. On apprend ainsi que la vacance de plus d’un an a augmenté de 9,8% entre 2011 et 2015. Une autre conséquence est la concentration de populations pauvres : l’étude révèle ainsi que 27,5% des habitants du centre-ville vivent en-dessous du seuil de pauvreté, et disposent d’un revenu médian de 16 093€ (IRIS INSEE).

La dernière est la dégradation du bâti et des conditions d’habitat. Si aucune donnée précise n’est disponible à ce jour, il s’agit d’un phénomène sur lequel il faudra être vigilant car cela peut aggraver les conditions de vie de populations déjà précarisées et captives. On apprend par exemple que le CCAS a enregistré 27 signalements d’habitat indigne en 2017, avec des soupçons de « marchands de sommeil ». De plus, 71% des logements sont antérieurs à 1971, ce qui amène aussi des problématiques liées à la précarité énergétique sur le centre-ville.

Ce contrat cadre aura bien évidemment des conséquences positives pour notre commune puisqu’il va permettre de lancer un grand nombre de projets que la commune n’aurait jamais pu porter seule. D’un point de vue économique, cette nouvelle génération de contractualisation des collectivités devrait amener la commune de Castelsarrasin à appréhender son avenir beaucoup plus sereinement. Malheureusement, sur le volet social, notamment les questions de transport, de santé, de logement et de lutte contre la pauvreté, peu semble avoir été pris en compte dans la définition des actions à mettre en œuvre pour remédier à ces problèmes. Il est à craindre que tous ces développements, au final, ne profitent pas à tous les castelsarrasinois, et laissent une partie de la population sur le bord de la route.


*Télécharger le dossier statistique complet de l’INSEE sur Castelsarrasin: Dossier complet − Commune de Castelsarrasin- Insee

*Télécharger les fiches actions du contrat cadre: Fiches Actions

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