Santé. La vice-présidente d’Occitanie tire la sonnette d’alarme

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Un coup de gueule, mêlé d’un crie du cœur. Voilà comment on pourrait définir le communiqué publié ce matin par Marie Piqué, vice-présidente de la région aux solidarités. C’est en effet « un tableau sombre » que révèle l’élue communiste lotoise concernant la situation globale du service public hospitalier en Occitanie.

S’appuyant sur une longue liste de mouvements sociaux en cours dans de nombreux établissements de la région, Marie Piqué ne passe pas par quatre chemins: « Notre service public de santé est malade, les structures sont en difficulté financière, les personnels endurent le manque de moyens, et les patients souffrent d’une mauvaise prise en compte de leur santé ».

Un constat qui fait largement écho aux appels de citoyens et personnels en grève un peu partout dans la région. Fermetures de postes dans les Hautes-Pyrénées, charge de travail insupportable en Ariège, heures supplémentaires non-payées dans le Tarn, sous-effectif généralisé, le mécontentement est grand et le mal profond dans notre région.

C’est bien les logiques de direction actuelles que l’élue met en causes: « Il est urgent de penser une sécurité sociale adaptée aux besoins actuels des populations comme un projet de société ». Tout autant que « les réformes » dont se vante tant le gouvernement Macron: « Les vraies réformes à mettre en œuvre sont bien évidemment d’ordre économique: hausse des salaires, réduction du coût du capital, orientation de la production vers la satisfaction des besoins humains, arrêt des politiques d’austérité ».

Face à la logique marchande en cours, elle propose de revenir à la solidarité comme fondement de notre système de santé: « Prise sur les profits, la cotisation sociale est un outil de la solidarité, qui met au service de la collectivité humaine une part des richesses créées en les mutualisant », explique-t-elle dans son communiqué.

Des propositions, l’élue communiste n’en manque pas: rénovation de la médecine ambulatoire, réseau territorial de centres de santé, l’augmentation immédiate des moyens financiers et personnels, « des droits nouveaux d’intervention des personnels et de leurs organisations syndicales sur la gestion des établissements et de l’organisation du travail », ainsi qu’un « pôle public du médicament pour échapper aux griffes des intérêts de l’industrie pharmaceutique ». 

Le Tarn et Garonne n’est pas épargné

La situation dans les hôpitaux publics, comme dans les EHPAD de notre département fait écho à la situation globale de l’Occitanie décriée par la vice-présidente. Ainsi on peut lire dans les Nouvelles de Tarn et Garonne, les personnels et la CGT sont vent-debout pour dénoncer les conditions de vie et de travail dans les EHPAD. « Le personnel n’en peut plus », pouvait-on lire encore récemment sur les pancartes d’un piquet de protestation devant les bureaux de l’agence régionale de santé.

Suite à l’annonce du plan de restructuration des hôpitaux par le gouvernement, le commentaire de Mireille Riol, élue CGT de l’Hôpital de Montauban, est sans appel:

« Ce plan ne nous apprend rien. On ne parle pas de création d’hôpitaux mais de restructurations. Nos craintes sur le devenir de l’hôpital de Castel-Moissac sont confirmées. Nos hôpitaux, appelés pompeusement « de proximité », se verront dépouillés de leurs services de pointe, telle la chirurgie et l’obstétrique. C’est cela qu’il faut entendre quand la ministre parle « d’hôpitaux de proximité », ce seront des hôpitaux de seconde classe ».