Conseil départemental. Un budget qui répond aux exigences du président Macron

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L’assemblée plénière du conseil départemental s’est tenue le 4 avril dernier, une séance importante qui a vu les élus voter le budget primitif 2019. Un projet de budget qui a vivement fait réagir les communistes du Tarn et Garonne. Un budget, équilibré, certes, qui permet à la majorité de faire figure de bon élève aux yeux du président Macron, mais à quel prix ? Il est regrettable que ce soit une fois encore la population la plus précarisée qui serve de variable d’ajustement, ont répondu les communistes dans un communiqué. Ainsi, dans l’éducation, la santé, ou de nombreux autres secteurs, la collectivité se fait le bras droit du gouvernement pour appliquer ses directives austéritaires, mais surtout brille par son manque de volonté politique.

Education. Le département s’organise autour d’une austérité qu’il approuve

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Crédit Photo: La Dépêche du Midi.

Depuis son arrivée au ministère de l’éducation, Jean-Michel Blanquer n’en finit pas de susciter colère et indignation chez les enseignants, tout comme chez les élèves et leurs parents. En cause, une vision de l’éducation qui ne pense qu’en termes budgétaires au détriment des conditions de travail et d’apprentissage. Ainsi, ils sont de moins en moins nombreux à avoir confiance en ce projet “d’école de la confiance”. Le soutien de nombreux  élus locaux aux mouvements de contestation démontre l’unanimité contre Blanquer. Difficile donc pour l’Education Nationale de trouvé des appuis dans les collectivités locales… à part en Tarn et Garonne.

Comme à son habitude, le président Astruc est fier d’afficher son soutien aux politiques du président Macron. Un soutien qu’il transcrit dans ses politiques départementales. Lors de la dernière assemblée plénière, la majorité, en bon élève de la classe, n’a pas jugé bon dénoncer le projet morbide de Blanquer, mais plutôt de lui fournir un appuie de terrain. Ainsi, sur Castelsarrasin, commune de forte progression du nombre d’élèves, la majorité a approuvé une délibération visant à prendre acte de cette augmentation et de simplement réorganiser les secteurs de recrutement des deux collèges publics. Pas un mot sur le désengagement de l’Etat dans l’éducation de nos enfants, l’austérité imposée ou l’augmentation des effectifs par classe. Probablement une façon d’assurer le service après-vente du gouvernement…

Désertification médicale. Quand le département fait l’autruche

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La désertification médicale est un sujet de plus en plus préoccupant dans notre département dont la densité moyenne de médecin par habitant est parmi les plus basses du pays et de la région. Le conseil départemental a approuvé en juin 2018 la signature d’un schéma départemental (SDAASP) visant notamment à “faciliter l’installation des professionnels de santé en vue d’améliorer la couverture d’accès aux soins”. Réunis en assemblée plénière le 4 avril dernier, les élus départementaux ont donc voté un des dispositif de ce schéma, qui permettra au département d’accompagner financièrement les communes qui souhaitent créer des hébergements pour les professionnels de santé. Ainsi, sur une assiette de dépense plafonnée à 500 000 euros, le maître d’ouvrage (public ou privé) pourra obtenir jusqu’à 150 000 euros de subvention du département.

Si l’on peut saluer l’initiative, il est regrettable que la majorité départementale n’ait pas choisi d’entendre ce que demande les jeunes diplômés de médecine générale d’une part, travail en collaboration, salariat (congés payés, 35h…) et des services publics à proximité, et les usagers de la santé d’autre part: un véritable service public de médecine générale avec égalité d’accès aux soins pour tous, maillage territorial, visite à domicile, tiers payant… De nombreux département en France ont commencé à s’orienter vers des solutions de centre de santé publics départementaux, en lien avec les communes du territoire. C’est un choix politique fort. Dommage que le président Astruc “ne fasse pas de politique” (selon ses mots dans la presse – NDLR), on en aurait pourtant bien besoin.


CD 82. En bref…

Budget 2019. Le projet de budget 2019 pour le département s’équilibre à 378,7 millions d’euros. Les dépenses d’investissement représentent 105 millions d’euros et les dépenses de fonctionnement 272 millions. Pour les recettes, l’investissement s’élève à 69 millions d’euros et le fonctionnement à 309 millions d’euros.

Endettement. Sur le budget principal, l’encours de dette propre s’élève à 192,9 millions d’euros, avec une capacité de désendettement de 6 ans et 3 mois. En 2018, le volume d’emprunt représentait un peu plus de 13 millions d’euros. Le même montant a été voté pour 2019, ainsi qu’un million d’euros de plus emprunté pour financer le Centre Départemental de l’Enfance et de la Famille.

Accès aux soins. Le Tarn et Garonne compte 215 médecins généralistes, une densité moyenne de 0,84 médecin pour 1000 habitants. Ce taux est inférieur aux moyennes nationales (0,9) et régionale (1,04). (- source: FNPS INSEE 2017)

Education. Le Tarn et Garonne connaît depuis dix ans une forte augmentation de ses effectifs de collégiens. 10 955 en 2018, soit 354 de plus qu’en 2017 (+3,34%). Un chiffre qui fait échos à la grogne de nombreux enseignants qui dénoncent le manque de moyens.

FAMEPA. Le Fond d’Aide à la Modernisation des Établissements pour Personnes Âgées. Les EHPAD de Beaumont de Lomagne et de Saint Antonin, vont recevoir respectivement 30 000 et 22 900 euros au titre de ce fond départemental en 2019.

EHPADs. Au titre du fond départemental d’aide à la réalisation d’opérations structurantes de projet de maisons de retraite, les EHPAD de Lafrançaise, Villebrumier, Montbeton et Beaumont de Lomagne vont recevoir chacun une enveloppe de 305 000 euros pour leurs divers projets d’extension.