Montauban. La mobilisation citoyenne se poursuit pour les sans-abris

Depuis 7 jours le Réseau Education Sans Frontières avec la CGT, des syndicats, des associations et de nombreux citoyens ont pris en charge les 50 personnes, en majorité des demandeurs d’asile, qui ne bénéficient plus de lieu d’hébergement depuis le 30 avril, contrairement aux obligations de la loi.

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Un réseau de solidarité s’est développé et a logé la quasi-totalité des familles à l’hôtel. Après avoir dépensé plusieurs milliers d’euros, le réseau n’avait plus les moyens de financer cet hébergement. C’est pourquoi RESF a accompagné ces familles dimanche pour contraindre l’Etat à prendre ses responsabilités, mais aucune solution n’a été proposée et les familles se sont retrouvées à la rue. Il a été décidé d’investir la Maison du Peuple de Montauban afin de les mettre à l’abri dans l’attente de trouver une solution pérenne.

Silencieux depuis le début de cette affaire, c’est hier soir qu’est tombé un communiqué de la préfecture indiquant qu’elle a largement répondu à ses obligations en organisant un quasi doublement de sa capacité d’accueil mettant ainsi à l’abri un nombre très important de personnes, en attente d’orientation vers un dispositif plus spécialisé, sans considération de statut (droit commun, demandeurs d’asiles, autres)”. Il est vrai que l’Etat a dû faire face cette année à une forte augmentation du nombre de demandeurs d’asile en Tarn et Garonne le “poussant à porter le dispositif à 167 places d’hébergement ouverte au pic de la période hivernale”.

Face à la forte mobilisation citoyenne l’Etat tente de se défendre en expliquant que “les personnes accueillies sur les 167 places ont été informées dès leur prise en charge de la date de fermeture des places hivernales, afin que d’autres solutions puissent éventuellement être envisagées”. Des solutions qui n’ont jamais été trouvées avec pour résultat, 101 personnes à la rue depuis le 1er mai. Même si la préfecture confirme “son plein investissement face à cette situation et la poursuite de ses efforts en faveur des sans-abris et des mal-logés”, le scepticisme règne parmi les militants mobilisés comme les familles sans-abris.

La mairie tente de reprendre la Maison du Peuple

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Mais il n’y a pas qu’à inaction de l’Etat auxquels RESF et les familles doivent faire face. La Maison du Peuple est un établissement municipal qui accueille de nombreux syndicats et associations. Silencieuse jusqu’alors, c’est ce matin que la maire de Montauban Brigitte Barèges a décidé d’agir… pour tenter de déloger militants et sans-abris de la salle municipale. C’est donc vers 09h30 ce matin que la Mairie de Montauban a envoyé des ouvriers en compagnie du Directeur Général des Services de la mairie et de quatre policiers municipaux, pour changer la serrure qui permet d’accéder à la Maison du Peuple.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase pour la CGT dont les locaux sont situés au premier étage de ce bâtiment. “Cela remet en cause notre liberté d’accès dans les lieux qui nous permettent de mener notre activité, c’est une atteinte  supplémentaire inadmissible aux libertés syndicales” a indiqué le syndicat dans un communiqué envoyé ce midi.

“La forte mobilisation matinale des militants, des associations et des partis politiques progressistes ce matin a permis de repousser un temps cette menace mais, combien de temps avant une intervention plus musclée? Une heure? Deux? ” interroge le syndicat avant de lancer un appel, “c’est pourquoi nous demandons à un maximum de camarades de se tenir disponible. La situation l’exige, ce sont nos libertés fondamentales qui sont bafouées ! “