Elections européennes. Reconstruire la gauche sur des bases claires

Capture d’écran 2019-05-28 à 08.34.46

Au lendemain de ce scrutin, c’est un sentiment de gueule de bois qui règne chez beaucoup. Une douche froide qui doit nous faire réfléchir à tous, notamment à gauche de l’échiquier politique.

Comme cela était annoncé depuis des semaines, le RN sort grand gagnant de ces élections avec des scores records dans notre région. Le Tarn et Garonne en fait parti. Cette victoire, je me refuse de croire que c’est l’adhésion aux propositions du parti de Mme Le Pen, ni même le poids de leur bilan au parlement européen. Certain parlent d’une “claque à Macron”, notamment chez les gilets jaunes. Mais ce soi-disant duel a quand même des airs de duo. Quand on regarde les choix politiques de l’extrême droite là où ils sont aux affaires, les travailleurs européens ont du souci à se faire.

Dans ce duo morbide, c’est finalement LREM qui a de quoi célébrer, et le grand capital avec. Macron a renforcé ce boulevard qui lui avait permis de se positionner en rempart au RN. Il y a fort  à parier qu’il remettra le couvert de jouer les barrages. En attendant, les agressions sociales font se poursuivre. Retraites, chômage, fonction publique, voilà Macron renforcé pour continuer à dérouler son rouleau compresseur.

Une  gauche à reconstruire

Beaucoup l’avait prédit, la division à gauche cumulée avec une forte abstention n’ont pas joué sa faveur, le progressisme est en berne.

EELV s’en sort très honorablement pointant l’importance qu’apporte désormais les électeurs à l’écologie et aux problèmes environnementaux. Mais à quel prix ? Beaucoup s’interroge pourtant  sur sa capacité à se positionner en leader de la gauche après avoir mené campagne sur un genre de « ni gauche, ni droite écolo ». Libéralisme effréné et environnement ne font pourtant pas bon ménage.

Le parti socialiste qui a sauvé les meubles appelle d’ors et déjà à travailler l’Union de la gauche, dans sa diversité sur des bases sociales et écologiques. La FI représente la plus grande dégringolade à gauche avec l’incapacité de se poser en force de rassemblement, mais aussi la preuve que toute tentative d’hégémonie est vaine. Le magnifique score de J.L. Mélenchon aux présidentielles s’est évaporé. Révélation de la campagne, Ian Brossat et la liste communiste arrive bien en deçà des espérances même si de sérieux marqueurs ont pu être placés. Il faut reconstruire la gauche, sur des bases claires, notamment en matière d’écologie, mais aussi de progrès social.

En Tarn et Garonne

Ici plus qu’ailleurs, le rassemblement national s’est constitué un véritable bastion, ancré notamment sur la base d’un vote contestataire. Les dirigeant annoncent d’ors et déjà de  » grandes ambitions pour les municipales sur Montauban, Castelsarrasin et Moissac ».

Évidemment donc ici plus qu’ailleurs, la gauche doit faire l’effort de trouver les voix d’un rassemblement fondé sur des propositions sociales et écologiques crédibles, en mesure de redonner de l’espoir aux électeurs, de donner une alternative au vote contestataire et d’ouvrir des perspectives à la colère sociale qui règne dans le pays. Socialistes, écologistes, radicaux, insoumis, communistes et tant d’autres doivent engager sans tarder le travail de dessiner les pourtours d’un tel projet. L’heure n’est plus aux batailles d’egos et aux conflits de chapelles. C’est un travail de longue haleine, qui s’annonce difficile, mais possible. J’y prendrai toute ma part pour contribuer à son aboutissement. Les jours heureux ne sont pas une utopie, mais il faudra aller les chercher un à un.