Edito des Nouvelles du 13 juin: santé de proximité et territoires

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Le succès de la réunion publique organisée mardi dernier à Lamothe Capdeville révèle le désespoir des populations rurales face au manque de médecins. De manière générale, ce sont les départs à la retraite  de médecins qui posent problème. La nouvelle génération de médecins généralistes n’accepte plus les conditions d’exercice de leurs aînés. Temps et conditions de travail, et le contexte de la société moderne y sont pour quelque chose, mais pas seulement.

La santé de proximité n’est pas qu’une affaire de “santé”. Elle doit s’intégrer progressivement dans l’aménagement du territoire. Jusqu’aux premières lois de décentralisation en 1986, la médecine relevait conjointement des politiques de santé et d’aménagement du territoire. Aujourd’hui, avec la spécialisation et la segmentation des grands dossiers de l’action publique, la médecine est passée sous le giron des seules politiques de santé, avec l’impératif de devenir rentable. Dans le cas de la médecine générale, cette vision arrive à bout de souffle.

Les maisons de santé, porté par au moins deux médecins libéraux, et les centres de santé publics , portés par un gestionnaire, sont des outils structurants pour les territoires. Ils permettent l’exercice médical regroupé, libéral ou salarié. Mais le centre de santé va plus loin, étant géré directement par la collectivité. Il permet aux élus locaux de gérer et de maîtriser la démographie médicale sur leur territoire en recrutant au besoin de nouveaux professionnels de santé. Cet enjeu doit trouver sa place dans les débats précédents les élections municipales, voire même dans les programmes. Les communistes, en tout cas, ont bien l’intention de le porter.