Les maires du Grand Narbonne face aux déserts médicaux

IMG_20190927_1704137

Le manque de médecin et l’avancée des déserts médicaux continuent de préoccuper nombre de territoires en Occitanie. Vendredi soir le sujet était à l’ordre du jour de la conférence des maires de la communauté d’agglomération du grand Narbonne. Serge Sarrato, directeur du centre de santé de Capestang (34), Alain Visa membre d’un collectif audois de défense de la sécurité sociale et Marie Piqué, Vice-présidente en charge des solidarités à la Région Occitanie ont été invités à s’exprimer devant les maires et élus de l’Agglo sur le sujet de la désertification médicale.

Présenté par son directeur, le centre municipal de santé (CMS) de Capestang existe depuis 2016. Trois années d’activité qui donnent au directeur “suffisamment de recul” pour dresser un bilan des plus éclairant. “Le CMS permet de répondre à un besoin du territoire. Pour preuve, de 258 consultations par mois en 2016, nous sommes passés à 1028 par mois en 2019”. Une véritable montée en puissance pour cette structure municipale dont “deux tiers des patients viennent désormais des communes périphériques”. Pour les patients comme les praticiens, le centre de santé répond à des besoins. “Le tiers payant intégral est très apprécié de la population” a expliqué notamment Serge Sarrato, avant d’ajouter que “les conditions de travail, salariales, aussi correspondent à la demande des médecins”. Mais c’est le bilan financier qu’attendaient particulièrement les élus du Grand Narbonne. “Il y a nécessairement un temps de montée en puissance, le temps d’établir la patientèle”, ‘s’est expliqué le technicien. “Le déficit des deux premières années s’est élevé au total à 213 000 euros, mais en 2018 le budget est devenu excédentaire de 38 000 euro”, a-t-il insisté devant les édiles.

La démarche du conseil régional

Invitée par la Communauté d’Agglomération, Marie Piqué a présenté la démarche du conseil régional face aux déserts médicaux. Elle a rappelé que durant des années, ont été déployées des politiques visant à développer le modèle des maisons de santé pluri-professionnelles qui sont l’évolution des anciens cabinets de docteurs. Les politiques territoriales, notamment régionales, ont alors été d’accompagner cette évolution en soutenant leur installation sur le territoire”. Cependant, “si les MSP peuvent constituer une solution, elles ne sont pas sans problèmes, limites et difficultés” a alerté l’élue communiste. Selon Marie Piqué, “le bilan diligenté par le conseil régional en 2017 a révélé que seulement un tiers des maison de santé libérales fonctionnent convenablement”.

Face à cette réalité, les centres de santé publics, dont le projet de santé est porté par la collectivité, “permettent de créer des conditions plus attractives pour les praticiens tout en s’assurant que l’argent public dépensé dans ces structures permet bien de répondre aux besoins du territoire”. Quoi qu’il en soit, “la région accompagne les deux types de projets” a assuré la vice-présidente, ajoutant tout de même “que notre objectif est de lutter contre la désertification en apportant des réponses adaptées, c’est une bonification incitative supplémentaire que nous avons mis en place pour les centres de santé publics”