Occitanie Budget 2020. Nicolas Cossange: « Des choix forts face aux restrictions du gouvernement »

Nicolas_AP 19 décembre 19

Le budget primitif 2020 de la région Occitanie a été adopté ce matin par les élus régionaux réunis en assemblée plénière. Un budget “marqué par les fortes contraintes qui émanent des décisions gouvernementales”, selon le conseiller régional communiste Nicolas Cossange. Entretien.

Julien Sueres: Les élus de la majorité régionale dont les communistes font partie ont voté le budget primitif 2020. Vous dénoncez cependant un contexte d’austérité ?

Nicolas Cossange: La Région subit encore le corset budgétaire imposé par l’Etat pour encadrer la hausse des dépenses de fonctionnement. Le gouvernement fait du dogme de l’austérité et de son corollaire, la réduction des dépenses publiques, les marqueurs politiques de ce quinquennat « ni de gauche, ni de gauche ». Il se choisit comme ennemis des collectivités locales et des services publics de proximité qui, au contraire, sont les principaux atouts du dynamisme économique et de la création d’emplois.

Je note qu’une fois de plus, le groupe RN se fait le porte-voix dans notre assemblée de ces logiques austéritaires. En fait, leurs contre-vérités et postures ne sont que l’arbre qui cache la finance.

JS: Quel est donc la position régionale dans ce contexte ?

NC: La majorité régionale fait d’autres choix et les met en actes : l’exploitation des TER, le service LiO, les agents dans les lycées, la formation professionnelle, le soutien aux associations, et bien d’autres, ne sont pas des variables d’ajustement mais des points d’ancrage d’une action de solidarité en direction des habitants et territoires.

JS: Lors de votre intervention, vous avez fortement insisté sur la réforme de l’apprentissage. Quel en est l’enjeu ?

NC: Au 1er janvier 2020, une autre réforme gouvernementale entrera en vigueur et privera les régions d’une de leurs principales compétences, celle de l’apprentissage. « Régions de France », dans un récent communiqué, dénonce l’appropriation par la Ministre du Travail des bons chiffres de l’apprentissage alors qu’ils ne sont pas les siens. En Occitanie, l’objectif de 40 000 apprentis en 2021 est atteint dès l’année à venir. La déclinaison de la loi « avenir professionnel » laissera pourtant à la Région un reste à charge de 18 millions d’euros. Et les coudées franches sont données au patronat. Résultat: un tiers des CFA sont en péril, notamment les plus fragiles situés en zone rurale ou formant à des métiers rares.

JS: Face à ces difficultés, quelle est la réaction budgétaire de la région ?

NC: Le budget 2020 ne propose pas de baisser la tête. Il est la traduction de décisions politiques fortes : celle de maintenir un haut niveau d’investissement comme affirmation d’une résistance à l’asphyxie des collectivités. Depuis plusieurs années, l’Occitanie est au premier rang national en euro investi par habitant. C’est aussi des ambitions pour la jeunesse et les mobilités avec la poursuite de la diminution du prix des abonnements aux transports scolaires, en vue de leur gratuité d’ici la rentrée 2021.

La Région agit. Elle a besoin de soutien, non pas de voir ses ressources amputées d’année en année par des décisions nationales qui diabolisent la dépense publique, pourtant utile à tous et indispensable au plus grand nombre, sauf peut-être à ceux qui ont des comptes en banque similaires à Messieurs Delevoye ou Pietraszewski.

JS: Pourtant, lors de cette assemblée, vous avez conclu par un appel à plus d’Etat ?

NC: Oui, car la Région a besoin, à ses côtés, de plus d’Etat et non d’une organisation territoriale où chacune des collectivités serait rendue à ses propres capacités individuelles pour répondre aux enjeux des territoires qui la composent. Parce que c’est une condition nécessaire à sa libre-administration, la Région a besoin d’une décentralisation qui la dote de moyens financiers suffisants et pérennes, pour développer les services publics de proximité, pour agir en faveur de l’emploi local, pour faire vivre la démocratie citoyenne, pour donner corps à la transition écologique. Une décentralisation solidaire, porteuse de justice sociale et de développement durable.