Coronavirus. Les associations de solidarité face aux lois du marché…

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« Il nous faudra demain, tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour… Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. » Les mots forts d’Emmanuel Macron lors de son intervention télévisée du 12 mars consacrée à la crise du coronavirus n’ont pas finis de résonner, notamment dans le monde associatif.

Représentées au niveau national par Le Mouvement Associatif, les associations déplorent depuis des années la diminution du soutien de l’Etat alors que leurs actions se situent souvent dans le giron des « biens et services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». « La diminution des emplois aidés vient faire peser une menace forte sur l’activité des associations, et sur tous ceux qu’elles servent au quotidien », expliquait déjà Le Mouvement Associatif en 2017 quand le président Macron annonçait la suppression des contrats aidés, une mesure qui a lourdement impacté les associations.

Baisse du nombre de bénévoles

La crise sanitaire que nous vivons actuellement ne va qu’amplifier les difficultés. Concrètement, sur le terrain ce sont les bénéficiaires des associations qui vont en payer le prix. « On est aussi confronté à la baisse du nombre de nos bénévoles. Une partie d’entre eux est constituée de retraités, de publics vulnérables qui doivent rester chez eux pour éviter de prendre le moindre risque », expliquait récemment dans l’Humanité Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours Populaire.

En Tarn et Garonne malgré les difficultés que posent les mesures strictes de l’état d’urgence sanitaire, les bénévoles du Secours Populaire sont bien décidés à ne pas laisser les plus fragiles sur le bord de la route. Dans les comités de Montauban et de Castelsarrasin, la solidarité se réorganise avec la mise en place d’un dispositif exceptionnel de distribution alimentaire. « Nous invitons les familles habituellement accueillies au libre service alimentaire à prendre contact par téléphone pour obtenir une heure de passage », indique la secrétaire départementale Francette Noel. A Castelsarrasin, un action similaire est en cours d’organisation afin d’apporter une réponse aux familles en difficulté. L’heure est à l’unité face à la crise, et le monde associatif saura répondre présent. Espérons que le président s’en souviendra quand viendra le temps « de s’interroger » sur ce « modèle de développement » qui heurte les associations depuis tant d’années.

*Participez à la collecte lancée par le Secours Populaire Tarn et Garonne en cliquant ici