Hôpitaux de Montauban. Face à la crise, les personnels tirent la sonnette d’alarme

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Il aura fallu attendre une pandémie pour que le Président de la République se rende compte de la nécessité de disposer d’un service public de santé efficace et qu’il commence à ré-interroger les règles austéritaires qui ont conduit à son atrophie et à son affaiblissement. Pourtant, malgré les “quoi qu’il en coûte” ou “la santé n’a pas de prix” d’Emmanuel Macron, la situation reste tendue dans nos hôpitaux.

Au CH de Montauban, l’intersyndicale représentant le personnel a décidé de faire une inscription sur le registre pour dangers graves et imminents, qui a donné lieu à un CHSCT extraordinaire le 20 mars dernier. Manque de dispositif de protection (masques, SHA, désinfectant surfaces, tenues jetables, etc…), sous-effectif chronique et surtout les pressions exercées sur les personnels, les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Malgré une longue liste de préconisations votée à l’unanimité par le CHSCT, toujours aucune réponse de la direction sur la conduite à tenir en cas de suspicion de contamination d’un agent ainsi que sur les précautions à prendre au titre de la prévention primaire, aucune information concernant les modifications d’organisation prévues.

“La Direction est contrainte de gérer la pénurie”, s’insurge Manuela Dader, secrétaire du syndicat CGT du CH de Montauban dans une lettre adressée au préfet ce lundi. “Ce qui est une situation déplorable pour le CH pivot du département. Ainsi la majorité des agents du CH de Montauban n’ont pas les moyens de se protéger pour mener à bien leurs missions de service public”. La réorganisation des services de l’hôpital inquiète également le syndicat. “Les patients de psychiatrie vont ils être sacrifiés en ayant de moins bonnes conditions de prise en charge que les autres patients”, questionne notamment la syndicaliste dans ce courrier au préfet.

Non-respect des consignes gouvernementales

A la Clinique Pont des Chaumes, la situation est tout aussi crispée. Par le biais de leur syndicat, salariés et soignants ont également décidé d’alerter par courrier les pouvoirs publics (Préfecture et Agence régional de santé) le 19 mars dernier. “Nous souhaitons attirer l’attention sur le non respect des consignes gouvernementales et sur la mise en danger des professionnels, de leurs familles ainsi que des patients”, écrit Fanny Fouques, secrétaire Générale CGT de la Clinique Pont de Chaume, signataire du courrier. 

Face au manque de moyen et d’organisation, les salariés de la clinique “hésitent à user de leur droit de retrait mais s’y refusent encore par conscience professionnelle envers les patients et les collègues” s’indigne-t-elle. Semaine dernière une infirmière vacataire a refusé de prendre son poste faute de masque. Les hospitaliers veulent remplir leurs missions de service public et pouvoir soigner les patients le plus longtemps possible dans des conditions sécurisées. Ces courriers adressés au préfet et l’ARS sont des appels à l’aide pour les protéger. Espérons qu’ils soient entendus.


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