Covid-19. Colère et incompréhension des artisans taxis du Tarn et Garonne

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Le torchon brûle entre le gouvernement et les artisans taxis alors que s’intensifie la lutte contre le Coronavirus. La publication d’une note le 22 mars dernier par l’agence régionale de santé (ARS)  imposant des restrictions sur l’usage des transports professionnalisés a mis le feu aux poudres. En effet, depuis sa publication, tout transport sanitaire se fait par véhicule personnel ou en ambulance, les taxis ayant été écartés des procédures de prescriptions des médecins.

La confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services (CNAMS) a interpellé le directeur régional de l’ARS Pierre Ricordeau pour lui faire part de “la colère et l’incompréhension des artisans taxis d’Occitanie” dans un courrier du 26 mars. Dans une lettre du 29 mars, adressée au même directeur, le comité régional de la Fédération Nationale des Artisans du Taxi (FNAT) alerte également sur les dangers que fait peser une telle mesure sur la profession. “Contrairement aux ambulanciers, nous sommes présents sur l’ensemble du territoire, même les plus reculés et les zones ultra-rurales”, explique Stéphane Campilla, président de la FNAT. “Nous sommes souvent le lien social manquant dans ces territoires, et nous jouons un rôle d’accès aux soins pour l’ensemble de nos compatriotes”.

“Je ne suis pas sûr de retrouver mes clients après la crise”

“Pour beaucoup d’entre nous, le médical représente une très grande partie du travail”, témoigne cet artisan taxi de Castelsarrasin qui a préféré garder l’anonymat. “A ce jours, je n’ai plus qu’une dialyse à transporter”, explique-t-il avant de poursuivre, “la clinique du Pont des chaumes fait pression sur les sociétés de taxis pour leurs retirer les dialyses et autres transports médicaux vitaux, pour les donner aux grosses sociétés d’ambulances”. Même si la clinique du pont de chaume a informé l’ensemble des transporteurs des nouvelles dispositions de transport dans un courrier du 27 mars, l’incompréhension demeure. Ce professionnel du transport refuse l’argument de l’ARS, “que les taxis ne désinfectent pas leurs véhicules et que la protection des patients n’est pas assuré”. Pour lui, “c’est faux ! Les taxis ont les moyens et le temps de désinfecter leurs véhicules alors que ce n’est pas toujours évident pour les ambulances”

Beaucoup de taxis indépendants se trouvent sans patient “et ne pourront pas se relever”. “Je ne suis pas sûr de retrouver mes clients après la crise” lâche ce castelsarrasinois qui tient à alerter sur cette situation alarmante que vivent les artisans taxis en Tarn et Garonne et dans la région.