La Poste en Tarn et Garonne: les conséquences de la casse du service public

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Petites mains essentielles pour continuer à faire tourner notre économie, les agents et salariés de La Poste sont mobilisés depuis le début de la crise pour nous permettre de continuer à avoir accès aux services postaux. Pourtant les cafouillages se multiplient au sein du groupe, dont agents et personnels dénoncent une gestion hasardeuse de la crise par la direction. “La veille du premier jour de confinement, la direction de La Poste Tarn et Garonne n’avait mis en place pratiquement aucun moyen de protection pour les personnels et pour les usagers”, témoigne François Cambou, responsable syndical à La Poste en Tarn et Garonne.

Avec ses collègues syndicalistes, ils ont informé les salariés dès le début sur leur droit de retrait. “Une centaine ont effectué cette démarche, mais la direction les a menacé de sanctions”. La démarche a tout de même dû faire réfléchir car dès le deuxième “du gel, des gants et des masques sont enfin apparus” s’étonne Francois Cambou. Pour s’adapter à la situation, le groupe impose aussi de nombreux changements d’horaires de travail aux salariés. “Les tournées des facteurs sont chamboulées en permanence. Le droit de retrait est refusé, le CHSCT ignoré et les syndicats ne sont jamais consulté pour la mise en oeuvre de nouvelles organisations de travail”, dénonce le postier syndicaliste.

Des missions essentielles de service public

Depuis des années les organisations syndicales dont la CGT demandent que La Poste se concentre sur ses activités essentielles et vitales, c’est à dire le courrier et les colis vitaux, la distribution de la presse afin d’assurer le droit à l’information. Elle a d’ailleurs décidé unilatéralement le 27 mars de ne plus distribuer les journaux que trois jours par semaine, une rupture du contrat démocratique qui nous unit s’était emporté dans l’Humanité Jean-Michel Baylet, président de l’Alliance de la presse d’information générale.

“Il est tout aussi vital de maintenir des services publics essentiels pour les populations comme l’accès aux distributeurs bancaires, le retrait des prestations sociales”, renchérit Francois Cambou. “Or en Tarn et Garonne, la moitié des bureaux ruraux ont été fermés…”

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François Cambou et ses collègues de La Poste étaient mobilisés dans un mouvement historique l’an dernier. Crédit photo: CGT FAPT 82

Malgré tout, les livraisons de colis non prioritaires et des publicités adressées se poursuivent, mais “au détriment souvent des plis urgents et essentiels”, assure le postier. La direction poursuit ses affaires commerciales non essentielles et reste “dans une logique marchande éloignée des services publics, tout en mettant en danger les agents et les usagers”.

Finalement, la situation actuelle ne résulte pas que de la pandémie. “Ce sont les conséquences d’une casse du service public postal engagée depuis plus de 10 ans”, assure le syndicaliste. La preuve pour lui que les restructurations, déréglementations et privatisations qui se sont succédées ont été des choix stratégiques désastreux pour le service public, pour les usagers et pour les salariés. Espérons que la crise du coronavirus aura aussi fait comprendre à ce gouvernement que les services postaux, non plus, ne doivent plus être livrés aux lois du marché.

→ Ci-dessous les dernières information d’ouverture des bureaux de poste en Tarn et Garonne: