Airbus. L’argent public doit permettre de développer le secteur et sauver les emplois

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La crise du Coronavirus se mue en une crise sociale sans précédent en Occitanie. « Nous allons vers un cataclysme social à l’automne », alertent les syndicats suite au plan social annoncé par la direction d’Airbus cette semaine. Celui-ci prévoit la suppression de 5000 postes, dont 3378 sur Toulouse. Plus largement, l’ensemble de la chaîne de sous-traitance va être ébranler et quelques 7500 emplois de plus sont en danger. “On doit pouvoir faire baisser considérablement ce chiffre”, a réagi la présidente de Région Carole Delga après ces annonces, d’ors et déjà mobilisée pour “accompagner Airbus et protéger ses salariés”. 

Face à un tel séisme, le secrétaire national du PCF est venu à Toulouse ce jeudi. “Je viens d’abord parler de l’utilisation de l’argent public et des 8 milliards injectés par l’Etat pour pérenniser cette filière”, a réagi le député du Nord, insistant “que cet argent doit permettre de développer le secteur, pas de supprimer des emplois”. Suite à cet effort sans précédent de l’Etat, Fabien Roussel est catégorique: “C’est le moment de partager, il faut que les actionnaires renoncent à leurs dividendes et injectent eux aussi de l’argent dans l’appareil productif”.

Pour lui, il est possible de sauver le secteur en “profitant de la crise pour repenser les organisations du travail, le réduire et le partager”. L’argent public doit servir à soutenir ce développement, mais aussi “servir à mieux travailler et à se former”. Un point sur lequel le rejoint la présidente socialiste. “Les salariés et leurs compétences sont la principale richesse du secteur aéronautique, il faut tout mettre en œuvre pour la préserver”. Comme elle l’explique, “la 1ère solution, c’est permettre à chacun de se former, faciliter l’accès aux droits à la formation”.

Pour les 2 élus, il faudra aussi mobiliser une partie des salariés dans la recherche et l’innovation, “notamment pour l’avion vert”, insiste Carole Delga. “La filière est à l’arrêt, mais les avions revolent”, rappelle Fabien Roussel. “La production ne va pas s’arrêter et on sait que le trafic aérien est en constante progression et transformation avec des avions plus propres”, insiste-t-il avant de conclure. “La preuve, l’émission de CO2 n’augmente pas, alors que le trafic a explosé. L’aéronautique est une filière d’avenir”.