Tarn et Garonne. De Moissac à Montauban, soutien aux acteurs culturels !

Représentants associatifs, syndicaux et politiques se sont rassemblés ce matin à Moissac en défense de la culture. Une manifestation de protestation impulsée notamment à l’annonce de la suppression du célèbre festival des mondes et des voix par la municipalité d’extrême droite. « Les tarifs étaient beaucoup trop élevés pour une grande partie de la population », s’est défendu le maire de Moissac lors d’un entretien au Petit Journal semaine dernière dans une tentative de désamorcer la manifestation. Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir l’association Moissac Culture Vibration, porteuse du festival.

« Depuis plus de 30 ans, MCV propose du spectacle vivant sous toutes ses formes, une programmation exceptionnelle pour une petite ville comme Moissac, reconnue dans toute la région et au-delà. Contrairement à ce que laisse entendre M. le maire, M.C.V s’adresse à tous les publics et a toujours pratiqué une politique tarifaire modérée. Entre la saison culturelle et le Festival des Voix, la moitié de nos spectacles (soit une quinzaine) sont offerts et donc gratuits et accessibles à tous. Pour l’autre moitié, payante, les prix des places oscillent en moyenne entre 18 et 25 euros en plein tarif, très loin des 50 euros cités dans l’entretien ».

Une situation de conflit donc, entre la municipalité et l’association culturelle que les manifestants sont venus dénoncer ce matin. « Parce que nous n’acceptons pas que les activités culturelles dans la cité, résultant pour beaucoup de l’engagement, du dynamisme et du libre-choix d’associations et de citoyens, soient victimes de bas calculs populistes et électoralistes », ont déclaré les responsables des diverses organisations. « Nous refusons cette vision d’une culture ramenée au seul divertissement organisé et dicté par la loi du marché. Parce que l’accès de tous à l’art sous toutes ses formes, aux œuvres, aux créations de qualité, doit devenir la règle pour une véritable démocratisation de la culture, gage du vivre ensemble ». Un message fort en soutien à la culture qui représente de nombreux métiers, des créateurs aux artistes, des techniciens aux logisticiens en n’oubliant pas les artisans qui ne peuvent plus travailler et se retrouvent en situation de précarité depuis le début de la pandémie.

Plus largement, une initiative qui fait écho au mouvement d’occupation des théâtres, qui a débuté le 4 mars à l’Odéon de Paris et qui ne cesse de s’étendre. Plus de soixante lieux sont désormais occupés par des intermittents du spectacle dans toute la France. Le Tarn et Garonne n’est évidemment pas épargné par la grogne. Un Collectif Action Culture 82, regroupant l’ensemble des acteurs culturels du département s’est d’ailleurs monté fin février. « Notre secteur économique est à genoux et nous devons maintenant vivre des subsides d’un Etat qui joue aux mécènes de l’ancien régime. La dépendance aux indemnités ne doit pas être un motif pour se taire. Nous voulons vivre, accueillir des publics, donner de la joie, de l’émotion ou matière à réflexion, parce que c’est la vie que nous avons choisie », ont-ils déclaré lors de la création du collectif. D’autres manifestations du C.A.C 82 sont prévues, dont cette après-midi dans les rues de Montauban.

Le gouvernement doit prendre ses responsabilités, « quoi qu’il en coûte », et préparer l’ouverture avant l’été de tous les lieux de culture et de toutes les manifestions telles que les festivals. Il doit entendre ces professionnels, tenir compte des modèles économiques liés à leurs activités et prolonger l’année blanche qui leur garantit une indemnité par l’assurance chômage, sans quoi ils seront des milliers à se retrouver en grande précarité et bien souvent dans l’obligation d’abandonner leur métier.


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