Action sociale en Tarn et Garonne: le double discours du Président Astruc

Crédite photo: Conseil départemental 82

« La solidarité est une mission première du Département », a rappelé le Président Astruc lors du Débat d’Orientations Budgétaires qui s’est tenu mercredi au conseil départemental. « Premier poste budgétaire, l’action sociale renforce le lien entre êtres humains, société et territoires », a insisté M. Astruc, « pour s’assurer que le partage des richesses ne se fasse pas au détriment des plus démunis et des générations futures ».

« Pacte territorial d’insertion », « Programme départemental d’insertion », « Plan d’insertion emploi » ou encore « Tarn et Garonne Emploi », le Président n’a pas manqué d’énumérer « les nombreuses actions en place pour les personnes en difficulté d’insertion sociale ou professionnelle ». Ces politiques d’insertion doivent permettre au plus grand nombre de trouver une activité et de ne plus dépendre du RSA. Si celui-ci est payé par le Département, le taux de compensation par l’Etat approchait les 100% en 2004.

Malgré tout le soutien de messieurs Astruc, Mardegan ou Bésiers au président Macron, cette compensation a été de 53% en 2019 et continue de baisser dans le cadre du désengagement affirmé de l’Etat. En 2019 le RSA a coûté 42 millions d’euros pour le Tarn et Garonne avec un nombre d’allocataires qui ne cesse d’augmenter, atteignant 6600 en juillet 2020. Un hic qui n’est pas passé inaperçu. « Les taux de compensation par l’Etat des charges du département en matière d’intervention sociale (APA, RSA..) n’ont plus augmenté depuis 2017 et l’arrivée de Monsieur Macron », a lancé Dominique Sardeing-Rodriguez, conseillère départementale de Montech. « Quant au bilan des résultats économiques et humains de notre département, peu d’évolution, toujours beaucoup de précarité et pas seulement à cause de la crise du Covid », a souligné l’élue socialiste.

Mais les faits sont têtus et le rapport technique du Président stipule bien que « l’analyse des évolutions à venir des publics concernés en matière d’aide et d’actions sociales permet de constater que la maitrise des dépenses s’avère de plus en plus difficile ». Il en découle que « les propositions budgétaires consacrées au RSA pour 2021 seront orientées à la hausse, passant de 41,2M à 45,8M d’euros ».

Avec plus de 4 millions d’euros d’augmentation, on comprend mieux l’acharnement du département sur les publics précaires, et pourquoi il est proposé d’inscrire encore « des crédits nécessaires au maintien des divers dispositifs d’insertion, dont l’encouragement au travail saisonnier pour les bénéficiaires du RSA ». Plutôt que de s’adresser aux 40% de Tarn et Garonnais qui ont droit au RSA mais ne le demandent pas, notamment par la mise en place d’un dispositif pour faciliter son octroi, comme le demande le Parti communiste 82 depuis des années, il y a bien plus d’économies à faire en leur cherchant des excuses pour les radier. Surtout si par aubaine, ceux-ci refusent d’aller ramasser les pommes pour les paysans. Une vision macroniste du partage des richesses certainement…

Quelques coupures de presse récentes sur le sujet:

Une « indiscrétion » de la Dépêche 82 de février 2021 sur le même sujet.

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par e-mail des nouvelles publications.