L’Occitanie en commun, volontaire pour expérimenter la décentralisation de la santé

Photo: la toute nouvelle maison de retraite de Castelsarrasin, d’une capacité de 130 lits, dont 42 en unité Alzheimer, et financée en grande partie par l’Etat et les collectivités locales.

En fin d’année dernière, ils étaient nombreux, professionnels de santé, universitaires, directeurs d’hôpitaux et élus locaux à signer une tribune dans Le Monde, pointant « les dysfonctionnements du système de santé actuel » et appelant à accentuer sa régionalisation « afin d’assurer un meilleur accès aux soins ». Cette tribune avançait la proposition de faire évoluer la compétence régionale en incluant la gouvernance en matière d’aménagement sanitaire territorial. « À l’image de la décentralisation de la gestion, de l’entretien et de la construction des lycées en 1982 », avait expliqué alors la présidente d’Occitanie Carole Delga, signataire de cette tribune.

Dans le cadre de la campagne pour les élections régionales, la présidente socialiste renouvelle cet appel et propose « d’expérimenter la décentralisation du système de santé grâce à une évolution de la loi », comme elle l’a expliqué récemment à la presse. « Il est urgent de rapprocher la décision des territoires, tout en maintenant la politique globale de santé à l’Etat. L’Occitanie en commun est volontaire ! », a-t-elle insisté. L’équipe de Carole Delga a d’ailleurs commencer à recenser les prérogatives à confier aux Régions.

Ainsi elle propose que soit délégué à la région, la construction, l’entretien et l’équipement des CHU et centres hospitaliers généraux, « à l’image de ce qui a été fait pour les lycées ». Pour les hôpitaux ruraux qui connaissent actuellement de réelles difficultés, notamment financières, un dispositif d’aide à l’équipement serait proposé.

Pour répondre aux problématiques de désertification médicale, son programme « l’Occitanie en commun », propose de confier à la région « la régulation de l’installation du personnel soignant et la maîtrise des ouvertures et fermetures des filières de formations médicales et paramédicales ». Pour rappel, la région gère déjà les formations des infirmières et aide-soignants.

Cette délégation de compétence pourrait permettre également l’élaboration d’un plan régional de santé, schéma directeur de l’aménagement sanitaire du territoire, « avec une attention particulière portée à l’articulation entre médecine de ville, hôpitaux de proximité et CHU ». Une articulation entre la médecine de ville et les hôpitaux portée sans relâche par son actuelle vice-présidente en charge de la santé, Marie Piqué, qui défend, « face à une médecine libérale à bout de souffle », la construction de centres de santé publics avec des médecins salariés dans tous les territoires.

Bien sûr, cette nouvelle organisation de la santé impliquera pour la région d’avoir une place plus active au sein de l’Agence Régionale de la Santé. Sur le volet financier cela impliquera une régionalisation de l’objectif national des dépenses de santé. Enfin, Carole Delga explique que cela permettra d’accentuer aussi le travail avec l’Etat et l’Ordre des médecins sur la question du nécessaire maintien des visites à domicile des malades, une question qui figure au top des priorités pour les habitants de la région, selon une étude récente de l’ARS.


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