Rapport du GIEC. La position des communistes sur le nucléaire et le port de la transition énergétique de Port-La-Nouvelle

Je partage avec vous ce texte écrit par les camarades de la fédération de l’Aude du Parti communiste. Il fait le lien entre le rapport du GIEC d’août 2021, la proposition de Fabien Roussel sur le nucléaire et le positionnement des communistes audois sur le nouveau port de la transition énergétique de Port La Nouvelle.

La concentration en gaz à effet de serre dans l’atmosphère est le premier facteur de modifications du climat. Le 8ème rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat) publié le 9 août 2021, indique qu’elle continue de croître.

Parallèlement, la température moyenne à la surface de la Terre augmente. « Nous vivons dans un monde plus chaud de 1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle. Les sécheresses dans le pourtour méditerranéen durent en moyenne 40 jours par an, soit environ 50 % de plus qu’à la fin du XXème siècle. Dans un monde réchauffé de 1,5° elles dureront 60 jours par an. Dans un monde à +2°C, elles dureront 70 jours par an ». Valérie Masson, Directrice de recherche au CEA, Co-Présidente du groupe 1 du GIEC (L’Humanité du 9 août 2021).

D’après le GIEC, pour avoir deux chances sur trois de limiter le réchauffement à 1,5°, il ne faut pas émettre plus de 400 milliards de tonnes de CO2 (gaz carbonique). Or nous en émettons 40 milliards par an. A ce rythme il ne nous reste plus que 10 ans pour atteindre un seuil de basculement qui sera fatal à notre agriculture (sécheresse et manque d’eau douce), à notre environnement (dômes de chaleur, feux de forêts de grande ampleur et montée des eaux).

Sur la planète, les forêts et les océans constituent des puits d’absorption du gaz carbonique. Or le réchauffement climatique favorise la montée des eaux et le développement des incendies et donc diminue l’efficacité de ces puits.

Il faut continuer à combattre les effets du réchauffement, notamment en imposant une taxe carbone à l’échelle de la planète à tous les pays et entreprises producteurs de CO2, qui inclurait les coûts réels de la destruction du climat, de la nature, des océans, des calottes glaciaires, de la qualité de l’air…

Mais la solution durable serait de s’attaquer résolument aux causes, notamment en réduisant notre consommation d’énergies fossiles (pétrole, charbon,) grandes productrices de CO2, en les remplaçant par des énergies propres non productrices de gaz carbonique.

Pour Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF et candidat du PCF à l’élection présidentielle de 2022 « Il n’y a dans notre pays que l’énergie hydraulique et l’énergie nucléaire qui sont des énergies décarbonées». Fabien Roussel propose que notre pays aille vers un mix énergétique dans lequel les énergies renouvelables représenteraient 50 % de l’ensemble des énergies (à peine 19% aujourd’hui).

Un laboratoire public américain s’est félicité (Le Monde du 18 août 2021) d’être à l’origine d’une avancée historique, à savoir la production d’énergie grâce à la fusion nucléaire. L’intérêt de ce nouveau procédé est que d’une part l’énergie obtenue est plus intense, et d’autre part contrairement à l’énergie nucléaire produite par fission (procédé actuel des centrales nucléaires françaises) elle s’accompagne de très peu de déchets radioactifs. Car dans la production d’énergie nucléaire, le problème n’est pas l’énergie nucléaire en tant que telle, mais le traitement de ses déchets.

De ce fait on peut regarder le nucléaire avec un autre œil que celui des anti-nucléaires de toutes tendances. Et ce d’autant plus que l’énergie nucléaire, énergie décarbonée permet la production d’hydrogène vert et décarboné.

L’hydrogène, hier décrié, apparaît comme l’énergie qui peut être substituée aux énergies fossiles, dès lors qu’elle est produite par électrolyse à partir du nucléaire ou d’énergie durable (par exemple les éoliennes).

L’investissement de la région Occitanie dans le premier port de la transition énergétique de Port-la-Nouvelle prend alors dans ce cadre une dimension nouvelle. Il s’agit non seulement d’un projet d’agrandissement du port permettant de passer d’un tirant d’eau de 8,50 m à un tirant d’eau de 14,50 m permettant l’augmentation du fret sur le port. Mais aussi de donner à la France un atout industriel qui permettra d’ouvrir la voie à une « décarbonation » de l’industrie et des transports lourds.

L’État souhaite aujourd’hui investir sur la filière hydrogène 7,2 milliards d’euros sur 10 ans, dont deux milliards dans les deux prochaines années. En sachant bien qu’il ne s’agit pas de produire de l’hydrogène « gris » à partir de sources chimiques, mais de l’hydrogène vert à partir des énergies durables. D’où la pertinence de la construction de fermes éoliennes au large de Gruissan, Port-la-Nouvelle et Leucate. L’hydrogène est considéré comme « vert » s’il est fabriqué à partir d’énergies renouvelables et «décarboné» s’il est produit à partir d’énergie nucléaire. « L’avantage de l’hydrogène est qu’il peut, en théorie, servir à décarboner des pans entiers des secteurs les plus émetteurs en CO2, pour lesquels il n’existe pas beaucoup d’alternative : l’industrie et les transports lourds ». Nabil WAKIM (Le Monde du 27 septembre 2020).

Le secteur des transports représente plus de 30 % des émissions totales de CO2. Les poids lourds sont d’excellents candidats à la conversion à l’hydrogène, car ils ont besoin d’une forte capacité embarquée et de faibles temps de ravitaillement. En misant sur la transformation des moteurs à l’hydrogène, les industriels ont un avantage considérable : décarboner sans engager de nouveaux investissements. A l’horizon de 2030, dans l’enceinte du nouveau port de Port-la-Nouvelle, les gestionnaires du port ont prévu d’ouvrir une unité de production d’hydrogène et de faire fonctionner les camions, les trains et les bateaux à l’hydrogène.

Maintenir le développement en France de ce choix d’énergie impose à notre pays de se doter d’une filière industrielle nationale de fabrication d’électrolyseurs et de ne pas reproduire ce qui s’est passé avec les éoliennes et les panneaux solaires, très majoritairement réalisés hors de notre pays.

En 2021 l’Aude, comme quasiment tous les départements du pourtour méditerranéen, a payé un lourd tribut avec les feux de forêts. Parfois la main de l’homme est à l’origine de ces incendies. Mais incontestablement le réchauffement climatique, accentué par les effets des émissions de CO2, est à l’origine de leur importance inhabituelle. Si rien n’est fait dès maintenant pour diminuer les émissions de CO2, dans dix ans le réchauffement de la terre ira au-delà des +1,5° avec des conséquences dramatiques.

La proposition de Fabien Roussel de constituer dès aujourd’hui un mix énergétique, sous maîtrise publique, 50 % nucléaire/50 % énergies durables dont une part importante d’hydraulique avec un fort investissement sur l’hydrogène vert et décarboné, prend tout son sens et la bataille pour l’agrandissement, le développement, la diversification des activités du port de Port-la-Nouvelle dans le cadre de cette nécessaire transition énergétique, devient une priorité pour les communistes.

Août 2021 – La Fédération de l’Aude du Parti Communiste Français


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