La souveraineté au cœur des débats. Mais laquelle ?

La pénurie de masques au début de la pandémie a propulsé la notion de souveraineté au premier rang des sujets politiques. Depuis, le terme est dans toutes les bouches. Même Macron, qui prônait en 2017 une « Europe souveraine », a bien compris que son salut électoral passerait par le rapatriement à l’intérieur des frontières de la production nationale. C’est donc sous couvert de « souveraineté industrielle » qu’il a présenté son plan « France 2030 ». Un plan qui, en réalité, va voir des milliards d’euros d’argent public versé au privé sans contreparties sociales ou environnementales. Un bon moyen de réaffirmer la souveraineté du capital sur les travailleurs français tout en rassurant le grand patronat.

Mais plus cyniques encore, les ténors de la droite et d’extrême-droite qui, pris de court, hurlent à l’imposture lorsque la souveraineté n’inclut pas les questions migratoires. Pour Michel Barnier (LR) il s’agirait avant tout de rendre à la France sa « souveraineté juridique pour ne plus être soumis aux arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne ou de la Cour européenne des droits de l’homme ». La souveraineté dans leur bouche, c’est avant tout le moyen de sanctionner une Europe des libertés, ouverte et solidaire. Ils se gardent bien de dénoncer les scandales à répétition de l’évasion fiscale et l’accaparement des richesses par les grands pontes du CAC 40. Un véritable braquage à ciel ouvert qui enfonce les peuples dans l’endettement et l’austérité budgétaire. Un repli sur soi qui n’a pour but que de permettre au capital de continuer à s’enrichir sur le dos des travailleurs.

Leur souveraineté, en fait, c’est le statu quo. Celui d’un système qui rend impossible tout partage des richesses, et donc des perspectives sociales et environnementales dont a tant besoin l’humanité. Défendre la souveraineté de l’humain et de l’environnement face au capitalisme, voilà un sujet à faire peser dans les débats de la gauche pour lui redonner tout son poids dans la société, et lui rendre sa crédibilité. C’est un des objectifs que s’est donné le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel, bien seul pour l’heure à porter cette idée. A l’avant-garde en quelque sorte…

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