Santé et alimentation. Pour une augmentation générale des salaires

La santé et l’alimentation sont deux thématiques extrêmement liées. Les pays dit « riches » ont considérablement amélioré la santé de leurs populations en développant des moyens de production de nourriture à plus grande échelle, mais également sur le plan qualitatif. Le développement des chaînes de froid par exemple a permis d’éradiquer bon nombre de maladies liées aux intoxications alimentaires. L’accès à l’eau potable est aussi un facteur de santé. Évidemment, là où les inégalités sociales sont les plus fortes, et ces développements moins avancés, les problèmes perdurent. L’alimentation, variable d’ajustement des plus pauvres, place des pans entiers de la population à la merci de maladies et de problèmes de santé directement liés à leur situation sociale.

Dans ce contexte, il conviendrait d’attaquer le problème par deux entrées. La santé, en menant des politiques publiques ambitieuses, et la lutte contre les inégalités sociales, avec là aussi des politiques publiques à la hauteur des enjeux.

Concernant la santé, la France s’appuie principalement sur la médecine de soins, laissant la prévention sous-dotée. Ainsi la médecine scolaire a été réduite à peau de chagrin avec 1 médecin scolaire pour 12 000 élèves, ne laissant aucune place pour se préoccuper de l’alimentation. La protection maternelle et infantile (PMI), la médecine nutritionnelle, la médecine du travail, tous ces aspects de la prévention sont victimes de l’austérité imposée depuis des années à la santé publique. Tout comme l’hôpital public, aujourd’hui en grande difficulté, une médecine de prévention à la hauteur des enjeux exige une réforme profonde du financement de la santé en France.

Sur le volet de la précarité, se pose évidemment la question sociale. Certains avancent d’ailleurs l’idée de créer une caisse, comme celles créées en 1945, pour aboutir à une sécurité sociale de l’alimentation. Une idée, certes dont nous pouvons partager le souci et les objectifs, mais qui pose un problème de fond, notamment par son financement qui devrait reposer sur de nouvelles cotisations salariales. Le but de la sécu, pour laquelle nous cotisons déjà, est pourtant aussi d’assurer des moyens d’existence aux personnes en difficulté. De plus, comme l’explique le Dr Michel Limousin dans le dernier numéro de Cause Commune, « cette sécurité alimentaire change le sens de la sécurité sociale, ne remet pas en question la transformation capitalistique de l’agriculture et se place en dehors de la réalité du rapport capital/travail ».

« Certains à gauche théorisent la fin du travail. Ce n’est pas ma gauche, ma gauche à moi elle croit au travail, au salaire, et ne croit pas que l’allocation doive remplacer les salaires »

Fabien Roussel, BFM TV

Comme le propose Fabien Roussel, candidat communiste aux élections présidentielles, une augmentation générale des salaires, et des revenus de remplacement, permettrait à tous de consacrer une plus grande part à l’alimentation, tout en assurant des revenus décents aux agriculteurs. Couplé à des politiques de santé publique dotées des moyens nécessaires, la proposition des communistes va bien au-delà d’une sécurité sociale de l’alimentation, qui certes fait rêver, mais ne s’attaque pas à la réalité du système capitaliste agressif dans lequel on vit.

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