Accès aux soins: la Région va salarier des médecins

Dans un entretien accordé au Midi Libre, le Vice-président de la région Occitanie, Vincent Bounes dresse un constat accablant quant à l’accès aux soins. Face au phénomène de renoncement aux soins, il expose la méthode retenue par le conseil régional.

« Pour commencer, on va s’attaquer au plus simple : le besoin en médecins généralistes. On estime qu’un médecin peut soigner de 1 000 à 1 500 patients par an », détaille Vincent Bounes avant d’ajouter qu’une ville de 6 000 habitants a besoin de 4 à 5 médecins minimum.

Le deuxième critère s’appuie sur démographie médicale, notamment une connaissance fine des départs en retraite. « Après, il y a des critères plus subtils comme l’âge moyen de la population. On sait qu’un médecin est principalement vu par deux types de populations : les jeunes enfants et les personnes âgées. C’est cette cartographie que l’on essaie de mener à bien avec l’ARS ».

Il faut dire que le constat est sans appel dans notre région. « 80 % de l’Occitanie est en souffrance médicale, les territoires qui s’en sortent le mieux sont les banlieues, la périphérie des grandes métropoles, mais partout ailleurs, c’est compliqué », explique le vice-président, également directeur du SAMU 31.

Le GIP créé par la Région va salarier les médecins dont les profils recherchés correspondent plutôt à des jeunes praticiens diplômés en Occitanie. « C’est pour cela que nous avons un important partenariat avec les facultés de médecine. On veut des médecins nourris au grain occitan », précise-t-il dans son entretien au journal.

Il donne des précisions sur le budget et le calendrier de cette opération. « On va faire des partenariats avec des communes, des communautés de communes et des départements. Ce sera entièrement public et cela ne va pas coûter très cher car un centre de santé s’équilibre par les richesses qu’il crée ».

Il précise également que les futurs médecins devront participer aux gardes, au travail le samedi et aux visites à domicile. Selon lui, il peut y avoir un peu de perte d’argent au moment du lancement de la structure, notamment en raison des frais, de l’achat de matériel, de l’investissement. « Entre deux et quatre ans, cela s’équilibre et donc le dispositif ne coûtera rien in fine au contribuable occitan », assure-t-il.

Enfin, pour convaincre les médecins la région va proposer aux postulants un poste salarié aux 35 ou 39 heures. « Beaucoup de jeunes médecins se retrouvent dans cet exercice-là. Quand vous vous installez en libéral, vous devez faire des investissements dans votre cabinet, voire salarier des collaborateurs. Vous vous retrouvez avec une obligation de beaucoup travailler pour rentrer dans vos frais. Là, si vous voulez démissionner et faire autre chose, vous pouvez le faire. C’est un confort de travail pour un médecin, car nous prendrons en charge les frais de secrétariat. Ils auront accès aux vacances, aux RTT ».

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